Oujhorod

Avant de retourner en Hongrie, je fais un stop pour une nuit à Oujhorod. Dans cette ville ukrainienne, beaucoup parle hongrois.

Je visite le musée / château de la ville, je prends plaisir à découvrir au cours de ma promenade de minuscules statuts déposées ici et là. Je vois un homme disposer sur la place principale de grosses enceintes. Quelques minutes plus tard, je le vois faire un karaoké tout seul en plein milieu de passants qui marchent ici et là. Lui, seul dans son délire me fait sourire. Dommage que je ne connaisse pas ces musiques ukrainiennes.

Oujhorod est la capital de la région Transcarpatie avec plus de 115 000 habitant.e.s. C’est une ville animée et encore en construction mais plaisante pour se promener. Une synagogue a été inaugurée dans la ville en 1904. En 1930, un tiers de la population est juive. Lors de la Seconde Guerre Mondial, le bâtiment est utilisé comme écurie, en 1947 il est utilisé comme salle de concert.

“En 1930, la communauté juive compte 7 357 personnes, soit un tiers de la population totale de la ville. En 1938, Oujhorod est annexée par la Hongrie, qui met immédiatement en place une législation anti-juive. Au cours de l’hiver 1939, tous les Juifs de nationalité polonaise ou citoyens tchèques d’origine polonaise sont expulsés vers la Pologne et beaucoup y meurent. Les jeunes sont enrôlés au travail forcé et envoyés sur le front russe pour ne jamais revenir. Lors de Pâques 1944, du 21 au 23 avril, tous les Juifs de la ville et de ses environs (25 000 personnes) sont enfermés dans un ghetto situé en périphérie de la ville (dans une usine de briques et une scierie). Trois semaines plus tard, tous sont déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Tous les inscriptions et signes distinctifs juifs ont été effacés du bâtiment à commencer par des tables de la loi remplacées par une lyre. En 2012, une plaque commémorant les 85 000 Juifs de l’oblast de Transcarpatie assassinés durant la Shoah est installée sur la façade.

Je me rends pour la dernière fois dans la maison du chocolat où je bois un chocolat fondu, tout en regardant la rivière Ouj absorber le soleil. C’est la rivière Ouj qui a donné le nom à la ville. Ouj veut dire serpentante tandis que Horod désigne le mot château en slave. La pluie fait disparaitre les personnes dans les rues. Je rentre dans mon auberge de jeune. Une jeune femme très gentille m’accompagnera le lendemain jusqu’à mon bus pour Budapest.

Je visite aussi la toute première ligne de train d’Ukraine. Le kilomètre 0. Les vieux trains repeints en bleus sont toujours là.

Kilomètre 0

Je ferais longuement le point sur ce que j’ai vécu pendant ce mois en Ukraine. Les larmes de joie, les rires, les découvertes, le saut à l’élastique, la chance de rencontrer ces personnes, ces lieux, ces histoires, …

Un merci spécial à Tetiana qui fut une co-équipière de choc !

Un merci particulier à Union Forum qui m’a fait confiance comme jamais.

Un merci à IBG qui a financé ce projet qui s’inscrivait dans une démarche de chantiers internationaux reliant les 14 pays qui accueillent sur leurs terres le Danube.

 

 

 

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